J’arrive à la fin de la route de Bélizon. Il faut que je me rapproche de la crique "la comté" en espérant tomber au plus près d’une zone franchissable. Cette approche va me prendre plusieurs jours.
À l’époque je ne connaissais pas l’option Saut Brodel.
Me voici au bord de l’eau, dans une petite zone claire de quelques mètres carrés. J’y installe mon bivouac.
Je teste le courant avec un objet flottant. A l’aide de branches de palmiers, je me suis fabriqué un mini radeau pour mon sac à dos.
Le lendemain matin, c’est la mise à l’eau de l’embarcation de fortune. Le sac flotte. Je saute dans la crique. Tout se présente bien, lorsque soudain à mi-parcours je suis entrainé par le courant. Le paysage défile de plus en plus rapidement. Je passe devant le Carbet Bélizon. Ravi qu’il existe! C’est un bon point de repère! Avec la vitesse mon sac tombe à l’eau, je m’agrippe à lui pour éviter de perdre mon matériel et ma nourriture. Je n’ai pas pied. Je coule avec le sac. En poussant violemment le fond à plusieurs reprises je peux refaire surface quelques secondes pour reprendre ma respiration. Par chance je suis poche de la berge et j’aperçois une branche pouvant être un bon point d’accrochage. J’hésite à la saisir car une araignée claire et volumineuse progresse sur cette branche, mais je n’ai pas le choix. Grace à cet arbre j’ai pu atteindre cette berge peu confortable. Négligemment, je m’écroule au sol. Je reste dans l’impossibilité de bouger pendant près de 5 minutes, comme vidé de toute mon énergie. Difficilement Je parviens à me lever et avancer un peu et je me retrouve sur un layon à proximité du carbet Bélizon.
Je suis sur la piste de Bélizon !
