Vol retour sur Cayenne en 1999

 

En 1999 à mon arrivée à Saul, j’ai été accueilli par les personnels du centre de secours.Ils  m’ont pris en charge. Ensuite c’est le passage obligé par l’épicier du village.

Il possédait un carbet hôtel. J’y installa mon Hamac. Le fait marquant est que l’on pouvait payer nos achats en or, Pépites ou paillettes. J’ai le souvenir d’un choix très limité et du tabac infumable de la « Gauloise brune » à rouler.

Aujourd’hui il existe une plaque commémorative au niveau de cette maison de l’ancien village de Saul.

Saul était vraiment coupé du monde pas de téléphonie mobile et plus d’avion. Les seuls mouvements étaient les relèves des gendarmes qui par la même occasion amenaient le courrier aux habitants.

Saul à bien failli m’adopter !

La compagnie aérienne qui desservait Saul était en grève donc je ne pouvais pas rejoindre Cayenne autrement qu’à pied.

L’inconvénient était que je devais rentrer rapidement. Je devais effectuer une formation militaire à Castelnaudary avec le bien connu A/C Lopez (responsable parc amazonien de Saul)

Ma première démarche sous le conseil des villageois a été de demander aux gendarmes d’embarquer à bord de leur hélicoptère. Ils ont refusé.

La seconde toujours un départ en hélico mais avec les exploitants miniers. Impossible car les machines étaient des « mono-turbine » réservées au transport de matériel.

J’étais donc condamné avec le cousin de l’homme de la forêt à attendre la fin de la grève.

Lorsque qu’un matin un avion de tourisme survol la zone.

On vient me prévenir Dominique : « prépare ton sac rendez-vous à l’aéroport »

Je vois passer une partie des villageois en furie. Une meute d’adultes et d’enfants en vélo en quad ou en courant en direction de l’aéroport pour bloquer l’avion qui venait d’atterrir.

Le pauvre pilote s’est retrouvé pris en otage, forcé de nous ramener à Cayenne par les habitants.

J’arrive en sueur à l’avion qui m’attendais. Mathieu était déjà installé. Après les au revoir nous décollons en direction de Cayenne. Transporté à titre gracieux j’ai pu rejoindre l’hôtel et préparer mon retour en métropole dans le meilleur délai.

Par la suite j’ai envoyé un gros colis pour remercier les habitants et le centre de secours.

Je n’ai jamais revu le jeune de la forêt ainsi que son cousin. L’épicier est décédé. Je ne sais pas si la population de Saul se rappelle de cette histoire ces enfants sont surement devenus des adultes maintenant.